Fascination :
» Je ne me rappelais que trop bien les humeurs sombres qui l'éloignaient régulièrement de moi.Je les avais toujours interprétées comme de la frustration, légitime, devant ma faiblesse, ma lenteur, mes turbulentes réactions d'humaine.
- C'est après moi que j'en ai, confessa-til en soulevant doucement mon menton. Cette façon que j'ai de toujours te mettre en péril. Ma seul existence représente un danger pour toi. Des fois, je me hais. Je devrais être plus fort, capable de mieux...
- Chut !
Il ôta ma main de ses lèvres pour les coller contre sa joue.
- Je t'aime, murmura-t-il. C'est une bien piètre excuse à mon comportement, mais c'est vrai. (C'était la première fois qu'il le disait. Si lui n'en était pas conscient, moi si.) Et maintenant poursuivit-t-il, moqueur, tâche de te tenir correctement.
Sur ce, il se pencha et effleura ma bouche d'un baiser. Je ne bronchai pas .« [ ... ]
Tentation :
» J'étirai mes membres gourds.
- Et Charlie ?
- Il dort. Autant te prévenir, je suis en train d'enfreindre les règles. Pas techniquement, puisqu'il m'a interdit de jamais repasser le seuil de sa maison et que je suis entré par la fenêtre... n'empêche, ses intentions étaient claires et nettes.
- Il t'a banni de chez nous ? m'écriai-je, furieuse.
- Tu t'attendais à autre chose ? « [ ... ]
Hésitation :
» Je feuilletai l'ouvrage, tombai très vite sur la page concernée. Le coin en était corné, pour toutes les fois ou j'avais interrompu ma lecture à cet endroit.
- Cathy est un monstre, marmonnai-je, mais elle a pigé certains trucs. '' Si tous les autres mouraient mais que lui restait, je continuerais d'être ; si tous les autres survivaient mais que lui disparaissait, l'univers me deviendrait étranger '', lus-je à haute voix. Je ne peux qu'approuver ce qu'elle dit, ici, et je connais moi aussi celui sans lequel je ne pourrais vivre.
Me prenant le roman, Edward le jeta à travers la pièce. Il atterrit sur mon bureau. Mon amoureux enroula ses bras autour de ma taille, un petit sourire sur ses lèvres parfaites,le front à peine ridé par l'inquiétude.
- Heathcliff a aussi ses sommets, objecta-t-il en se rapprochant pour souffler à mon oreil. '' Je ne peux vivre sans ma vie ! Je ne peux vivre sans mon âme ! '' cita-t-il sans avoir besoin du texte.« [ ... ]
Révélation :
» - Magnifique ! dis-je en me joignant à sa contemplation de la lune.
- Pas mal, répondit-il, guère impressioné.
Il se retourna avec lenteur pour me faire face, provoquant des vaguelettes qui s'écrasèrent sur ma peau. Dans son visage couleur de glace, ses prunelles avaient l'air argentées. Il déplaça sa main de façon à entrelacer nos doigts sous la surface. L'eau était assez chaude pour que le contact de sa peau gelée ne provoque pas ma chair de poule.
- Je n'emploierais pas le mot magnifique, poursuivit-il. Pas quand tu es là, à soutenir la comparaison.
J'accueillis le compliment avec un demi-sourire et je soulevai ma main libre - qui ne tremblait plus - pour la placer sur son coeur. Blanc sur blanc, pour une fois nous nous accordions. Il frémit. Son souffle se fit plus heurté.
- J'ai promis d'essayer, chuchota-t-il, soudain tendu. Si... si je fais quelque chose de mal, si je te blesse, tu dois aussitôt m'avertir.
J'opinai avec solennité sans cesser de le fixer dans les yeux. J'avançai d'un pas afin d'appuyer ma tête sur son torse.
- N'aie pas peur, murmurai-je. Nous somes faits l'un pour l'autre.
Tout à coup, je fus submergée par la véracité de ce que je venais de dire. L'instant était si pafait, si just qu'il était impossible d'en douter.
Ses bras se refermèrent autour de moi, me pressant contre lui, été et hiver. J'eus l'impression que chacun des nerfs de mon corps était un fil électrique.
- Ajamais, renchérit-il.
Alors, il nous entraîna en douceur vers les profondeurs.« [ ... ]